Syrie, et si nous regardions un peu le passé récent!


Et encore ce titre terrifiant aujourd’hui : « Irak: 59 morts dans une vague d'attentats à la bombe »

L’Irak est à feu et à sang. Et pourtant, l’occident a volé au secours du peuple irakien pour le débarrasser de son abominable dictateur. Nous y sommes allés pour leur amener la démocratie, la paix.

Outre le fait que l’intervention occidentale s’est faite sur un colossal mensonge, armes de destruction massive, arme atomique, liens avec Al Quaeda, tout ce que nous avons laissé en repartant, ce ne sont que ruines et violences.

A ceux qui voudraient écrire l’histoire aujourd’hui en ignorant ce passé récent, ce petit rappel donc.

En premier lieu, le mensonge de Colin Powell devant les Nations Unies. Témoignages, preuves, rien ne manque pour justifier l’intervention. On notera avec un certain amusement, la manière suave avec laquelle l’illustrissime journaliste de la 2 nous sert la soupe américaine.

 

 

Il est intéressant maintenant de lire les commentaires que Powell a faits lui-même concernant son argumentation.

Il a officiellement reconnu que son discours devant les Nations unies de 2003 au cours duquel il accusait l'Irak de détenir des armes de destruction massive « était une tache dans son dossier ». 
"Bien sûr. C'est une tache. J'étais celui qui l'a présenté au monde entier, et (cela) fera toujours partie de mon dossier. Cela a été pénible. Et c'est toujours pénible", a-t-il admis lors d'un entretien sur la chaîne américaine ABC. N’oublions pas que c’est cet exposé qui avait donné toute sa crédibilité aux accusations de Bush et avait été à l’origine de la guerre contre le régime de Saddam Hussein.

Il avait expliqué alors se baser sur des informations fournies par la CIA. La CIA qui avait ensuite reconnu que "le système de renseignement n'avait pas bien fonctionné". 
Il avait conclu son entretien avec ces mots : "Cela m'a porté un coup terrible".  Après l'invasion de l'Irak, et le renversement de Saddam Hussein, aucune trace d'armes de destruction massive n'a été retrouvée, pas plus que n’a été établi le lien entre l'Irak et les attentats du 11 septembre 2001. Il a même affirmé : "Je ne peux pas penser autre chose parce que je n'ai jamais vu de preuve qui suggère qu'il y avait un lien ».

Des regrets et un mea culpa bien tardifs. La preuve d’une terrible mystification.

Chacun aura bien senti les raisons pour lesquelles je fais ce petit rappel aujourd’hui.

Nous sommes ces jours-ci dans la même situation qu’en 2003. Un dictateur qui, et c’est un euphémisme, maltraite son peuple. L’utilisation contre la population de gaz neurotoxique. Et le jeu diplomatique qui se remet en branle avec les mêmes arguments, les mêmes comportements des médias, le même discours belliqueux, la même présentation de preuves irréfutables pour justifier une intervention.

Si ces preuves existent, qu’on nous les présente, qu’on les mette sur la table et qu’on nous laisse juger si elles sont convaincantes ou non. Les pays occidentaux qui sont restés curieusement immobiles depuis la révolte de 2011 en Syrie sont pris soudain d’une violente envie d'en découdre. On entend même dire que le but n’est pas de renverser le régime, juste le punir. Quelle fadaise. Ce régime est insupportable, et il n’est pas incongru pour de vrais démocrates d’en souhaiter la chute. Mais au préalable, peut-être serait-il souhaitable d’identifier clairement et de nous présenter les risques de dérapage de cette intervention, peut-être aurait-il été souhaitable  d’engager bien en amont des discussions avec la Russie, la Chine et l’Iran. La présentation de preuves n’est pas à mes yeux suffisante pour justifier une ingérence dans les « affaires » de la Syrie.

 

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28/08/2013
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