Mais qui est donc la nouvelle madame Ecologie du gouvernement ?


La nouvelle ministre de l’Écologie est peu connue des Français. Sénatrice socialiste depuis 2004 et fiscaliste, elle est décrite comme pugnace et rigoureuse. Ses partisans soulignent sa maîtrise des dossiers, elle qui a été la première à déposer un texte de loi contre les gaz de schiste.

« Je travaille d’abord, je parle ensuite. J’ai une certaine image de sérieux et je ne compte pas en changer. » Les premiers mots de Nicole Bricq à la presse, la semaine passée, furent en forme d’avertissement calme. Pour sa première sortie publique, une semaine à peine après sa nomination, la nouvelle ministre de l’Ecologie a choisi le Sénat. Attendue en clôture d’un séminaire des collectivités locales sur Rio+20, sa longue et presque frêle silhouette s’est frayée d’un pas sûr un passage dans la salle Monnerville, comble, au sous-sol d’une annexe du Palais Bourbon.

Sénatrice de la Seine-et-Marne depuis 2004, elle y est chez elle. Les sénateurs du Nord Michel Delebarre (Parti socialiste) et de Loire-Atlantique Ronan Dantec (Europe Ecologie - Les Verts) l’embrassent chaudement. Celle dont le grand public ne connaissait pas le nom jusqu’à l’annonce du gouvernement Ayrault est ici connue comme le loup blanc. « J’aime la vie parlementaire, cette maison, c’est un peu la mienne », lance-t-elle en guise de préambule.

 

Rigueur, pugnacité et sévérité

 

Cet ancrage dans la vie politique est sans doute le secret d’une femme à la fois discrète et forte. Une réputation de rigueur, de pugnacité, et parfois même de sévérité l’accompagne. « Raide »,« intransigeante »« un peu sèche », nous avait-on chuchoté. On en était presque inquiet. Le sourire de cette élégante sexagénaire (65 ans en juin) face à la faconde de l’imposant ténor Delebarre pourrait rassurer. Ne pas s’y fier. Lorsque Mme la Rapporteure générale de la commission des finances montait en tribune sénatoriale, il y a encore quelques jours, les lignes ennemies n’en menaient pas large. « Nicole n’est pas quelqu’un qui se lance dans des envolées lyriques, décrit la sénatrice écologiste du Nord Marie-Christine Blandin, qui a noué avec la nouvelle ministre de l’Ecologie « de solides liens d’amitié ». Mais quand elle s’est emparée d’un sujet, elle est incollable : d’une voix égale, presque monocorde, elle déroule des démonstrations implacables qui ont d’ailleurs renvoyé nos précédents ministres dans leurs cordes. » Nicole Bricq est la première femme à occuper ce poste d’homme, dit-on, l’un des plus hauts de l’Etat français.


28/05/2012
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